03/06/2005

Juste une valse noire - Hubert Félix Thiéfaine

 Souvenir éphémère,
Beauté blême et transfert
Dans tes jardins d'Eden,
Solitude transparente
De ces longs jours d'attente
À te fixer les veines.
Tu reviens sur les lieux
Où tu pleures quand il pleut.
Des serpents de neige
Comme un arbre mort
Au milieu du désert.
Juste une valse noire
Dans le silence des pierres,
Nostalgie de ces jours
Sans haine et sans amour.
Au fond des villes mortes
La folie dans les yeux
Des monstres délicieux
Qui traversaient ta porte.
Ils patrouillent dans ton crâne.
Ils contrôlent ton âme
Et te servent d'escorte.
Comme un arbre mort
Au milieu du désert,
Juste une valse noire
Dans le silence des pierres.
Vibrations pathétiques
Sur le tapis critique
Où tu joues pair et noir
Voyage au bout du rêve
Et tu scelles tes lèvres
Aux secrets d'un miroir
Ta voix désincarnée
Dans l'ombre surannée
Et grise de ta mémoire
Comme un arbre mort
Au milieu du désert,
Juste une valse noire
Dans le silence des pierres.
Visions subliminales
Sur le cœur-terminal
De ta zone carnivore
Chuchotement animal
Dans la tour de cristal
Où gît ton géant mort
Comme un arbre mort
Au milieu du désert,
Juste une valse noire
Dans le silence des pierres.

18:03 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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