08/08/2005

Rave

Les corps se déhanchent au son d’une musique dure, froide, envoûtante, électronique. Les corps se frôlent, se touchent, se caressent, le diable est parmis eux, il circule, donne l’énergie et relève les fatigués. Les flux corporels s’échangent, se mélangent. Sang, salive, sueur, sperme….On danse, on baise, on se drogue, on s’embrasse. Tout est permis, d’ailleurs, les anges ne veillent-ils pas sur eux ? Traits de lumières bleus, verts, rouges, jaunes, blancs, violets qui dévoilent la chair, synthétique ou véritable, sublime la danse au milieu des fumigènes.

 

Qui est qui ? Carnaval sans masque ni cotillon, la lumière cache, envoûte, sublime les corps quand elle les dévoile. Tout le monde à droit au plaisir, humain ou pas, le diable se fait fédérateur, tous unis en un même battement de cœur. Depuis deux heures, certains dansent déjà, d’autres viennent à peine d’arriver, mais qu’importe ? Les pilules du bonheur et les liqueurs régénérantes auront tôt fait de les confondre. Leurs gestes sont extases et transes, tous ensembles et tous différents. Plus de races, plus de classes, juste le plaisir, la transe, la musique.

 

Et seule au milieu de la foule, montée sur son trône d’argent brillant tantôt de rouge, tantôt de bleu, de vert, de jaune ou de violet, celle qui mène la musique se concentre sur son installation, autel des dieux. Son corps chavire et se balance au rythme de la musique, mais toujours elle reste concentrée sur le monstre de métal, de plastique et d’électronique qu’elle surplombe. Et elle nourrit ses adorateurs de sons qui les foutent en transe. Et elle aime ça, plus encore que de faire l’amour dans un bain de glaçons électriques. Et le diable se balade, change de partenaire, observe sa prêtresse qui magnifiquement le sert. Maîtresse, prêtresse ces mots riment bien ensembles, non ?

 

Et on danse, et on baise. Et on boit et on se drogue. Et on se mélange, en transe, sous la lumière changeante et pourtant si froide, sous la musique et la fumée, on se mêle, dans la ronde des plaisirs enchanteurs. Et la nuit continue…


22:30 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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